Depuis « Assafi », le premier journal local à Safi, et jusqu’au journaux locaux actuels, si on jette un coup d’œil furtif sur les titres des journaux safiots (voir tableau 1) on pourrait croire à une presse locale active, riche, efficace et vivante.Mais en effet la réalité dévoile un immense handicap journalistique local et sur tous les plans : juridique, professionnel, structurel, éthique et financier.
N’importe quel journal passe obligatoirement par un même circuit : de l’autorisation pour la publication à la lecture par le client, la presse locale souffre de beaucoup de failles à Safi .On peut le constater d’après cette synthèse qu’on a pu faire :
La nouvelle loi impose à chaque personne voulant créer un journal d’avoir une entreprise informatique regroupant une hiérarchie journalistique au sein d’un local, et assurant tous les droits de ses journalistes.Ce qui n’est pas respecté entièrement à Safi, trois membres suffisaient pour y publier un journal, pour ceci il faut juste déposer une demande auprès de la municipalité et puis passer par une enquête.
On remarque alors que l’hiérarchie au sein du journal est loin d’être respectée surtout si on sait que le directeur d’un journal qui assure à la fois responsabilité juridique et financière est aussi le journaliste peut être même le seul rédacteur dans son journal!
Avant de parler de la rédaction il faut évoquer le problème de la source de l’information, l’information locale « intéressante » reste presque inaccessible, vu que les agences de presse ne traitent pas l’information régionale, ainsi que l’harcèlement pratiqué par les centres de pouvoir sur les journalistes.
Quant à la rédaction, c’est là où on peut déceler la majorité des problemes posés pour la presse à Safi, en parlant des sujets ils traitent soit la gestion locale soit des faits divers dits « chiens écrasés ».Souvent en feuilletant un de ces journaux on est frappé par la banalité de l’information présentée, ceci est peut être justifié par le caractère curieux de la tranche de population ciblée, voyeuriste elle s’intéresse beaucoup plus à la vie privée des personnes.
On est surpris aussi par l’usage de l’arabe dialectal, le style satirique,le positionnement du lecteur,la diffamation des personnes,le chantage auprès des responsables (ce qui prouve la fertilité remarquée lors de la période des élections)….Toutes ces manœuvres ne respectent pas les règles de la déontologie journalistique et mettent la presse locale en crise éthique .Cette dernière se complique encore par une crise professionnelle ;
En fait,les journalistes en question ne sont pas des professionnels,ils ne sont pas de « pur journalistes bien formés »,la plupart d’eux sont des correspondants de journaux nationaux et ils travaillent soit dans le secteur de l’enseignement,soit dans le secteur de l’intérieur ou bien dans le secteur privé.
Comment peut-on parler du professionnalisme alors qu’on ne respecte pas par exemple l’architecture d’un journal ?Généralement le journal safiot ne dépasse pas 16pages au maximum,on donne l’exemple de « liwaa Assafi »(num 11) avec une manchette occupant à peu prés le un tiers de la une,sans table de matière, des couleurs très contrastées,un ventre titré et privé de texte, une carte d’identité civile où l’hiérarchie ne figure pas,trop d’illustrations hypertrophiées,beaucoup de publicité …bref une mauvaise gestion de l’espace pour avoir enfin un journal qui ne répond pas au besoin d’être informé un journal « agonisant » qui a besoin d’être réanimé !
En l’absence de subvention étatique, le déficit de financement, freine l’expérience journalistique, il est à l’origine d’une grande partie des problèmes qu’on a présentés; et en découlent d’autres problèmes : l’impression, le tirage, la distribution et la vente.
L’impression, coûteuse se fait généralement à Casablanca ou à Rabat, Tmara.Le nombre de tirage reste inférieur à 100 exemplaires. (Normalement ce nombre doit dépasser les centaines).
Pour la distribution, elle est très payante quand elle se fait à travers Sapress ou Sochpress, raison pour laquelle beaucoup de responsables de journaux la font de manière privée.
Toutes ces dépenses alourdissent la facture du responsable du journal,ce qui a comme conséquence remarquée à Safi,l’irrégularité de la publication,prenons à titre d’exemple le journal « Oyoun assafi »dernier numéro(36),c’est écrit à la une : « hebdomadaire régionale indépendante,sortant chaque quinzaine de façon transitoire » !
Quant à la vente elle est plus critique encore.Le prix d’un journal local est égal à celui d’un journal national : 3dh,pourtant la vente locale est confrontée à l’échec devant la presse nationale, ceci est dû à plusieurs facteurs, notamment ceux dont on a parlé au début, mais aussi l’absence du Marketing dans la politique de la presse à Safi, et le non ciblage d’un lectorat lobbies -qui n’est autre que la population jeune intellectuelle rendent cette vente inefficace.
Comme on a vu tous ces éléments qu’on a pu tirer du club safipress interviewant à la fois :Mr Laqabi Said,Mr Mohammed Aniq et Mr Abdellah Ardaoui trois membres de ce club.(http://www.safipress.com/) se regroupent pour prouver la carence en matière de presse locale safiote .Le club safipress,en plus de son site actuellement fonctionnel ,il est en cours de la réalisation d’un nouveau journal local « Assahafi Al jihawi » et se donne ainsi la promesse de réussir une nouvelle expérience de presse écrite en évitant les failles des précédants.En attendant de voir l’issue de ce travail il est fort élémentaire de chercher les moyens pour améliorer la situation journalistique,c’est l’affaire de tout journaliste compétent,de tout intellectuel et de tout investisseur dans ce domaine.
Sana Barkatou




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